Je participe depuis plusieurs années à des rencontres discutant des enjeux économiques, environnementaux et sociaux. Les discussions sont enrichissantes et formatrices. Toutefois, les échanges deviennent vagues et conciliants sur les grands projets qui ont des impacts économiques Pourquoi? Mon objectif est de soulever une réflexion sur un changement d’attitude.
Le silence des personnalités publiques (artistes, intellectuels, influenceurs, politiciens) ne relève pas toujours d'un manque d'intérêt, mais souvent d'une stratégie d’évitement. En évitant de se prononcer sur des projets économiques controversés, ces figures protègent leur "capital sympathie" et leurs partenariats. Cependant, cette absence de prise de position renforce le statu quo : sans voix fortes pour porter la critique, les projets industriels sont perçus comme faisant consensus par défaut.
Le fait de vouloir changer les choses très progressivement est souvent présenté comme la seule approche réaliste. Pourtant, face à l'urgence écologique, cette méthode agit comme un anesthésique politique.
La recherche du consensus à tout prix (l'unanimisme) tend à l'uniformisation de la pensée. Dans le cadre de grands projets :
Il existe un déséquilibre structurel dans l'accès aux médias. Les promoteurs de projets disposent de services de communication puissants et d'un discours rodé sur la "création d'emplois" et la "croissance".Le constat : La parole écologique et citoyenne est souvent reléguée au rang de protestation émotionnelle ou militante, alors que la parole économique est présentée comme rationnelle et objective. Cette hégémonie rend difficile l'émergence d'un contre-récit crédible.
L'expertise scientifique est la grande absente des prises de décision immédiates. Lorsqu'elle est présente, elle est souvent saucissonnée en études d'impact segmentées qui ne permettent pas de saisir la globalité des dommages écologiques.
Conclusion : Vers une rupture du silence et des modèles
En définitive, le déploiement de grands projets économiques au détriment de l'impératif écologique n'est pas seulement le résultat d'une volonté politique, mais celui d'un véritable verrouillage du débat public. Ce système repose sur une triple défaillance :
Pour sortir de cette impasse, il est impératif de réinvestir l'espace médiatique par l'expertise et la critique. La transition ne pourra être effective que si elle accepte la confrontation des idées et si elle ose remettre en question le dogme de la croissance au profit d'une viabilité biophysique réelle. Le passage de la passivité à l'engagement est la condition sine qua non pour transformer nos modèles de société avant que les limites planétaires ne nous l'imposent de façon brutale.